À propos de la République des Lettres

La République des Lettres
La Une du numéro 1 de la République des Lettres, publié en Mars 1994 (12 pages au format 40 x 60 cm)

Le journal et le site web :

La République Internationale des Lettres (communément appelé La République des Lettres) est un journal de débat, de critique et d'information culturelle et politique. Il a été fondé en mars 1994 à Paris par l'éditeur Noël Blandin et compte à ce jour plus de 250 numéros. L'édition mensuelle sur papier — aujourd'hui abandonnée — était tirée à 20.000 exemplaires et diffusée en kiosques jusqu'en 1998. Le site web "republique-des-lettres" (.com puis .fr) est en ligne sur internet depuis juin 1996.
Le Journal a pour caractéristique de publier des articles — entretiens, essais, opinions, ou critiques — signés par des écrivains, romanciers, traducteurs, poètes ou essayistes contemporains. On trouve ainsi par exemple des articles de Carlos Fuentes, Salman Rushdie, V. S. Naipaul, Antonio Tabucchi, Alain Touraine, Salah Stétié, Ben Okri, Adolfo Bioy Casares, Neil Bissoondath, Cornelius Castoriadis, Taslima Nasreen, Lawrence Ferlinghetti, Breyten Breytenbach, Mario Vargas Llosa, Nadine Gordimer, George Steiner, Abdourahman A. Waberi, Allen Ginsberg, Ernest Gellner, Paul Virilio, Samuel Huntington, Eduardo Lourenço, Erri de Luca, Enzo Traverso, Immanuel Wallerstein, etc.

La maison d'édition :

Le catalogue des Éditions Noël Blandin — maison d'édition créée à Paris en 1986, spécialisée en sciences humaines et sociales et en littérature — compte à ce jour près de 350 livres, publiés sous forme papier et/ou numérique dans le cadre de plusieurs collections: Sillages, La République des Lettres, Le Diwan occidental / oriental, L'Ouverture du chant,... La maison d'édition a également publié entre 1986 et 1992 onze numéros thématiques de la revue littéraire Détours d'écriture, dirigée par Patrick Hutchinson. Les anciens livres et revues publiés avant 2012 sur papier ne sont plus disponibles. Les nouveaux titres sont diffusés uniquement sous forme de livres numériques au format ePub.

Copyright © Droits d'auteur :

Reproduction interdite, Tous droits réservés. Tous les textes sont protégés par les droits de propriété intellectuelle. Ils appartiennent soit directement aux auteurs soit à la maison d'édition. Ils ne peuvent en aucun cas être reproduits, modifiés, traduits, exploités ou diffusés sur quelque support que ce soit sans autorisation.

Marque commerciale :

République des Lettres est une marque déposée, enregistrée auprès de l'INPI en septembre 1993 sous le numéro 4065633 (renouvellement en 2003 et en 2014). Aucune utilisation ou exploitation de ces titres n'est autorisée. La République des Lettres n'a rien à voir avec le blog de M. Pierre Assouline créé dix ans plus tard, en 2004, et intitulé La République des Livres.

Un peu d'histoire littéraire:

Dans l'histoire des idées et de la littérature la notion de "République des Lettres" représente à la fois un espace intellectuel, qui réunit une communauté d'hommes de lettres autour de valeurs communes humanistes, et un réseau de correspondances constitué en Europe dès la Renaissance. On peut en situer l'origine au XIVe siècle avec la création du Collège de Navarre et les échanges épistolaires entre les clercs des chancelleries française et italienne. Le terme "Respublica litteraria" est forgé en 1417 par Francesco Barbaro pour désigner le changement de modèle dominant dans le dialogue entre lettrés. Un peu plus tard, vient le temps des échanges intellectuels entre théologiens, rhétoriciens, latinistes, diplomates et juristes érudits: Jean de Gerson, Jean de Montreuil, Jacques Amyot, Alain Chartier, Guillaume Budé, etc. Au début du XVIe siècle, apparaissent les premières sodalitates litterariae, composées d'étudiants de toute l'Europe fréquentant les universités italiennes. Le théologien néerlandais Érasme (1468-1536), auteur à lui seul d'une correspondance de plusieurs milliers de lettres avec plus de 600 érudits, est en quelque sorte le fondateur de la première République des Lettres. Le XVIIe siècle est une période de transition où se perpétue le commerce épistolier mais l'audience s'élargit peu à peu et une nouvelle notion, celle de "public", vient progressivement s'accoler à celle de Respublica litteraria. Plus tard, dans une Europe des Lumières où la circulation des savoirs et les échanges intellectuels de toute nature s'intensifie encore, on assiste à l'épanouissement d'une seconde République des Lettres. Réflexions philosophiques et politiques, récits de voyages, nouveaux genres littéraires, découvertes scientifiques, et plus généralement toutes sortes de nouvelles connaissances dans le monde des arts, des lettres, de la politique, des idées et des sciences sont imprimées et diffusées auprès d'un public qui n'est plus seulement aristocratique et érudit. Le philosophe protestant français Pierre Bayle (1647-1706), auteur du monumental Dictionnaire historique et critique, publie à partir de 1684 un périodique composé de comptes rendus de livres intitulé Les Nouvelles de la République des Lettres. Au XVIIIe siècle on assiste à l'apparition de nombreuses feuilles littéraires et savantes à caractère encyclopédique et universaliste. C'est la naissance de l'information politique et littéraire et plus largement de la Presse moderne. Au XIXe siècle et au tout début du XXème siècle, jusqu'à l'avènement de l'édition industrielle et des mass-media, certains milieux littéraires et universitaires perpétuent la tradition. Plusieurs journaux prennent successivement le titre de République des Lettres, auxquels collaborent de grands écrivains qui y publient articles politico-littéraires ou roman-feuilletons. Aujourd'hui, l'esprit et la sociabilité d'origine ont été remplacés par de nouvelles formes de communication médiatiques mais la notion de "République des Lettres" désigne toujours communément le monde des Livres, des Lettres, de la Culture et de la Politique.